Fée d’hiver



A travers les arceaux de givre
Au clair du jour, à l’ombre de la grande,
Passent les plumes des anges ivres,
Pour forger une immaculée lande.
S’y promène au ras des fées,
Elles font tinter leur clochette,
Avivent le sol, figent le lieu enchanté,
La symphonie hivernale se fait fluette.

Une sorcière tapie dans l’ombre,
Attend la fin, le passage du dés filé
De nature tissé dans/par les fées,
Pour sortir de ses décombres,
Un amoncellement de poussières
D’étoiles déchues, des astres refoulés.
La drôle de créature, la sorcière
D’apparence charnelle, au crochu nez,
S’est installée dans la lie sous jacente,
Aimant suivre les feuilles mortes,
Et surtout pour fuir la cohorte
Féerique des nuées ardentes.

Chaque année, la même ritournelle :
Tel un stalagmite, tenter de détruire
Les vœux des saisons, pousser au fiel
Les aventuriers du gel, la faux en mire.
Au mauvais endroit, un imprudent chasseur
Se pointant avec son canon pour siège,
Va être ainsi de la vilenie pris au piège,
Un plan pour faire rendre l’âme à une fleur.

En effet, la sorcière, jalouse des atours
Jusqu’au tréfonds, cristal de l’âme
Ne cesse de, les astres du jour,
Vouloir exterminer, à la dernière flamme.
Dans l’ombre de l’ombre, elle s’insinue
Donc, par les pieds, jusqu’au cœur,
Prend possession, coule la torpeur,
Au moindre souffle, priant le cornu.
Elle sait que bientôt ici et là, en liesses,
Vont germer les verts soleils
Des mains de la blanche princesse,
Le chasseur a déjà le noir œil.

Alors que semblent être parties les fées,
Elle arrive dans un coin tout ensoleillé,
La princesse dont le murmure sème la vie,
Un tapis de bourgeons l’amène, la conduit.
Damoclès bouge, la mets bien en joue,
Et… se retient, des humains passent avec le flou.

Il pleut des bouts d’astres sur les toits de la terre,
Les drus frissonnent, la sève au ralentie,
Les passeurs marchent entre, au clair,
S’amenuise l’hivernale symphonie.

La sorcière puise, épuise toute son énergie,
Pour faire mouvoir sa proie, cohorte partie,
Le pantin est à un cran de la mouche,
Son doigt glisse, le givre enfourche,
L’aura de la blanche mange les recoins,
Le mal d’être à découvert est sur le point.

La sorcière puise, épuise toute son énergie,
Pour faire feu et gagner sa dernière partie,
Mais une fée à la charge de la princesse,
Etait restée dans un coin, et sentant l’oppresse,
Fige le mécanisme, renvoi la forfaiture
A soi, ses limbes, son néant, panse la déchirure…
Par solidarité avec la voix du printemps,
Une fée d’hiver a sauvé Gaia et son sang.



© Pascal Lamachère
p.h.l.31@hotmail.fr

 

 

Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Envoyer un poème pour parution

Mettre le poème du jour sur votre site

Liste des sites qui ont mis le service en place

Archive poèmes du jour

 



© 2000 Bruce DeBoer


00033964
textes des auteurs protégés

 

 

 


Membre de ClickFR, Reseau francophone Paie-Par-Click

Hit-Parade Positionnement et Statistiques Gratuites

<Classement de sites - Inscrivez le vôtre! L'ABC du Gratuit...Pour trouver les meilleurs sites gratuit de l'Internet !!!

Planete-Virtuelle